En bref
La longévité (lifespan) désigne le nombre total d'années vécues. L'espérance de vie en bonne santé (healthspan) désigne les années vécues sans maladie chronique majeure ni perte d'autonomie significative — un objectif souvent distinct du simple prolongement de la vie.
Ces deux notions peuvent diverger fortement : vivre plus longtemps ne signifie pas nécessairement vivre plus longtemps en bonne santé. Une grande partie des dernières années de vie, dans les données démographiques actuelles, se passe avec au moins une maladie chronique limitante.
L'hypothèse de la « compression de la morbidité », proposée par James Fries dès 1980, postule qu'il est possible de repousser l'apparition des maladies chroniques sans repousser d'autant la durée de vie maximale, réduisant ainsi la période de vie passée en mauvaise santé. C'est cet objectif de compression de la morbidité, plutôt que l'extension pure de la durée de vie, que vise la majorité des interventions sérieuses en médecine de la longévité aujourd'hui.
La distinction est importante pour interpréter toute étude : une intervention qui améliore un biomarqueur ne prolonge pas nécessairement l'espérance de vie en bonne santé, et inversement une amélioration de la santé fonctionnelle ne s'accompagne pas forcément d'une durée de vie totale plus longue.
À retenir
- Lifespan = durée totale de vie ; healthspan = durée de vie sans maladie majeure
- Hypothèse de la compression de la morbidité (James Fries, 1980)
- La plupart des interventions de longévité sérieuses ciblent le healthspan, pas seulement le lifespan